Tous les témoignages de soignants

John Toullier, bénévole à la pastorale des soignants au service santé et solidarités dans le diocèse d’Angers, propose chaque mois le témoignage d’un professionnel de la santé.

Retrouvez ici l’interview du mois en cours et ci-dessous les mois précédents.

octobre 2020

Marie-Christine, mariée, aumônière en milieu hospitalier


Béni soit le Seigneur mon rocher !
Il exerce mes mains pour le combat,
il m’entraîne à la bataille.

Il est mon allié, ma forteresse,
ma citadelle, celui qui me libère ;
il est le bouclier qui m’abrite,
il me donne pouvoir sur mon peuple.

Qi’est-ce que l’homme,
pour que tu le connaisses Seigneur,
le fils d’un homme, pour que tu comptes avec lui ?
L’homme est semblable à un souffle,
ses jours sont une ombre qui passe.

(Ps 143)


Marie-Christine, mariée, aumônière en milieu hospitalier
Être aumônier-hospitalier, c’est essentiellement de l’écoute vers l’autre qui, accepte de nous recevoir. Nous sommes dans la réception de ce qu’elle a à dire, de ce qu’elle ressent dans son intériorité.
Ensuite, il y a aussi les demandes religieuses, une priorité dans la mesure où nous sommes aumôniers catholiques ; demandes de sacrements, de prières, confession, onction des malades. Nous faisons intervenir des prêtres dans le cadre de ces sacrements, la confession, l’onction des, prières de recommandation : prières pour une personne en fin de vie : avec la personne toute seule ou entourée de sa famille dans ces derniers instants.
Nous réalisons ce travail en lien avec l’Église, le diocèse puisque appelés par notre Évêque et missionnés par lui, dans ce cadre-là. Nous nous retrouvons avec notre déléguée épiscopale, les collègues. Nous suivons aussi des formations et essayons dans la mesure du possible de renvoyer les malades sortants après un contact auprès de la paroisse, c’est très important.
Il n’est pas nécessaire d’avoir travaillé en milieu hospitalier pour exercer cette mission. La foi nous aide à garder sur nos vies et sur chacune des personnes rencontrées un regard d’espérance à travers les épreuves. J’ai reçu ma place dans l’Église comme une grâce. J’ai remercié Dieu de me faire confiance pour trouver ma place dans l’Église. C’est un appel reçu que j’accueille avec joie.
D’autre part, je peux dire que le métier d’infirmière est aussi une mission que je découvre dans mon mi-temps : j’ai la possibilité d’exercer maintenant un remplacement en temps qu’infirmière à mi-temps. Ayant travaillé quelques mois comme aumônier-hospitalier, mon regard sur les personnes malades a été transformé.
Lorsque je suis tombée malade, j’ai dû subir cette intervention chirurgicale, alors j’étais « patiente » : ce mot-là a beaucoup de significations. Ayant vécu la souffrance, on peut effectivement mieux comprendre et échanger avec le malade. La seule issue : c’est la confiance, non seulement la confiance en l’avenir que Dieu peut nous donner mais la confiance en son amour. Dieu a une grande part dans ma vie : je partage ma foi avec mon mari et avec la Fraternité en acceptant et dire « oui » à Dieu.

septembre 2020

Aline, aumônière hospitalière confrontée à la souffrance lors de ses visites

Vers toi, Seigneur, j’élève mon âme,
vers toi mon Dieu.
Seigneur, enseigne-moi les voies,
fais-moi connaître ta route.
Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi,
car tu es le dieu qui me sauve.

Il est droit, il est bon, le Seigneur,
lui qui montre aux pêcheurs le chemin
Sa justice dirige les humbles,
il enseigne aux humbles son chemin.

(Ps 24)


Il est très important je crois de reconnaître la personne à part entière même si elle est amputée de beaucoup de choses. Elle reste une personne à part entière malgré ses pertes et la souffrance.
Et parfois on est témoin du courage qui l’habite, et dans ces cas là, on aime bien lui demander de redire des bouts de son histoire qui lui permet aujourd’hui de s’appuyer sur ce qu’elle a vécu et de mieux vivre cette souffrance.
Les soignants sont là pour jouer le rôle de tout faire pour atténuer la douleur, et nous on est là pour accompagner et soutenir la personne. On n’a pas de projet pour elle, cela demande d’être modeste. On n’apporte rien on ne soulage rien on est là pour partager un petit bout de route. Quand on est face de la personne on ne sait rien de lui, ni de son dossier médical : et c’est tant mieux, car s’il a envie de nous en parler il nous en parle ; s’il a envie de rien dire, et bah tant pis.
Ce n’est qu’au bout de trois à quatre ans lorsque, l’on commence à bien connaître la personne on se dit : « cela pourrait être intéressant par exemple pour lui d’avoir un fauteuil électrique ou des choses similaires mais quelques fois ce n’est pas le projet de la personne et nous avons fait fausse route. On propose, la personne dispose en fonction de ses propres besoins et choix. Nous ne sommes pas médecins.
Mon témoignage : Un jour je frappe à une porte et j’entends à peine le « entrez ». Je trouve un Monsieur en dessous de ses couvertures, me disant aussitôt : « c’est toujours pareil, je souffre toujours autant du matin au soir », je lui demande alors comment ça se passe la nuit ? Il me répond : « je prends des médicaments pour dormir » , je lui demande que disent les médecins de cette souffrance, ils me répondent qu’ils vont trouver un médicament pour le soulager. « Mais c’est toujours pareil je ne souhaite qu’une seule chose ne plus vivre » je lui réponds : -j’entends très bien votre souffrance et je pense comprendre votre désespoir devant tant de souffrance-.
Juste après cette parole, il se relève légèrement et là il commence à me raconter toute cette souffrance. Tout commence par une grippe mal soignée, ce qui lui fait perdre une mobilité de ses jambes. Il se retrouve en fauteuil ce qui déclenche à plusieurs reprises des escarres. Il ne se lève qu’une heure par jour.
La perte de son papa puis de sa maman il y a deux ans et tout récemment la perte de son frère jumeau ont occasionné une grosse déprime. À cet instant j’ai compris l’impuissance humaine face à la souffrance. Et je reste quelques minutes silencieux ; puis je me permets de lui poser une question : -avant toute cette souffrance vous avez eu des beaux moments dans votre vie ?- et là j’ai senti que j’avais touché un point fort.
C’est alors qu’il se met à me parler de son enfance il me parle de Noël, et de la messe de minuit entouré de toute sa famille, ainsi que des amis et des voisins. Mais le Noël d’aujourd’hui n’a plus la même résonance pour lui. « Mes amis ont essayé de décorer ma jambe avec des guirlandes, pour essayer de redonner la joie de vivre, et j’ai trouvé ça très gentil mais pour moi aucune réjouissance, c’est de la futilité. »
Il m’a ensuite beaucoup parlé de la complicité, qu’il avait avec son frère jumeau, pour me dire que son frère jumeau était le gentil, et lui le râleur, et il l’est toujours râleur. « Je râle tout le temps, je râle tout le temps. »
Ayant approché cette souffrance physique et morale sans la porter mais en l’accueillant, comme un partage nous sommes arrivés à des souvenirs heureux. Quand je suis sortie de la chambre du Monsieur il ne me parlait plus de la souffrance, mais des bons souvenirs avec ses proches et ses amis. Nous promettons de nous revoir lors de la prochaine visite.

août 2020

Témoignages de Bénédicte et Paul

Vite, réponds-moi, Yahvé,
Fais que j’entende au matin ton amour,
Car je compte sur toi.
Montre-moi le chemin que je dois prendre :
Vers toi, j’élève mon âme !

Délivre-moi de mes ennemis :
J’ai un abri auprès de toi.
Apprends-moi à faire ta volonté,
car tu es mon Dieu.
Ton souffle est bienfaisant :
Qu’il me guide en un pays de plaines ;


(Ps 143.8 7-10)

Témoignage de Bénédicte 51 ans, mariée, quatre enfants et des petits-enfants
Ma Mission d’église je l’ai reçue il y a deux ans, c’est la deuxième année que je suis à l’aumônerie du Sésame. J’ai reçu cette lettre de mission à la suite d’une autre mission d’église reçue auparavant sur ma paroisse. En tant que laïque en mission ecclésiale j’ai découvert le monde de l’église par le diocèse. Cette mission reçue de l’évêque est un service auprès des personnes malades éprouvées par la maladie psychique et la souffrance de la maladie mentale avec une présence d’église dans un milieu fermé, pour lequel les malades n’ont pas accès autrement.
La foi vous a-t-elle ouvert les portes de ce métier ?
« Ne travaillant plus en tant qu’infirmière, cela m’a permis d’être plus à l’aise, avec les gens que je rencontre puisque j’avais déjà été en contact avec les malades. Cependant, ce qui est nouveau, c’est d’être ici en tant que représentante de l’église, et non pas en tant que soignante. Je suis là par rapport aux besoins spirituels de la personne, c’est une écoute, une présence, un échange, une rencontre. Au-delà, c’est essayer de comprendre ce qu’est la maladie, et échanger autour des questions de sens existentiel. Si le besoin s’en fait sentir dans la rencontre on peut prier ensemble ; c’est alors apporter la notion de partage dans la prière.
Mais ce n’est pas ce que je propose en tout premier. Avant tout, c’est la relation de confiance dans la rencontre qui permet de répondre à la demande.
Y-a-t-il des similitudes avec votre ancien métier ?
Le point commun c’est de prendre soin de la personne, de la respecter, aller à sa rencontre et prendre soin d’elle. Je ne fais plus de gestes techniques, c’est plus une approche spirituelle pour soigner l’âme de la personne avec les moyens du bord. Auparavant, je venais avec mon matériel médical et aujourd’hui, c’est avec ma petite sacoche et mon « Prion en Église, » toujours sur moi qui me rassure. Si besoin, je trouve une petite prière ou un chant : c’est un peu nouveau pour moi.
Interview avec Paul, diacre 66 ans à la retraite
Pendant 40 ans j’ai occupé différents postes : directeur d’école, formateur, instituteur. Et maintenant j’ai commencé le deuxième chapitre de ma vie. Je suis diacre de l’église d’Angers, depuis 20 ans. L’évêque d’Angers m’a appelé en 2012 pour devenir aumônier au Sésame dans cette nouvelle mission de service auprès des personnes malades. »
Comment vous positionnez-vous face à une personne qui souffre n’ayant pas fait parti du monde de la santé ?
Je ne faisais pas parti du monde de la santé, mais en même temps on peut dire que je fais parti du monde de l’humanité. A l’école on prend soin des enfants, qui nous sont confiés et en particulier les enfants qui ont le plus de difficultés. Dans mon métier d’instituteur j’ai beaucoup accompagné des familles qui étaient en grande souffrance, avec des difficultés sociales et économiques.
Aussi, lorsque l’évêque m’a appelé, je me suis dit qu’il y avait une continuité dans ce que je faisais déjà par rapport à la souffrance des personnes rencontrées qui sont nos frères. Ce que je veux dire par là, il n’est pas mon frère parce que je vais me sentir proche de lui. Il est mon frère parce que dans l’humanité il traverse un moment de grande souffrance, de détresse. Je ne peux pas passer à côté de lui et continuer mon chemin, comme si de rien n’était, comme dit la parabole du Bon Samaritain ».

juillet 2020

Témoignage d’un médecin retraité, diacre dans l’Église d’Angers

Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint.
Rends-moi la joie d’être sauvé ;
que l’esprit généreux me soutienne.
Aux pécheurs, j’enseignerai tes chemins ;
vers toi, reviendront les égarés.
Libère-moi du sang versé, Dieu, mon Dieu sauveur,
et ma langue acclamera ta justice.
Seigneur, ouvre mes lèvres,
et ma bouche annoncera ta louange.


(Ps 50 (51), 12-13, 14-15, 16-17)

La science médicale m’a attiré et je remercie Dieu de m’avoir aidé dans l’accompagnement du patient, particulièrement dans des situations difficiles. Un jour une famille est venue frapper à ma porte ; le mari était violent, il menaçait tout le monde. J’ai prié Dieu ; lorsque je suis arrivé dans la maison, ce mari m’a salué, serré la main. Pour moi, c’est Dieu qui avait fait le nécessaire pour le calmer

L’esprit de Dieu est présent dans chacun de nous, chrétien ou non. Comme chrétien, il faut vivre l’Évangile qui reste ma conseillère, c’est une voix à suivre. Dieu existe pour moi, c’est une remise en question de tous les jours, une forte sollicitation à vivre les principes de l’Évangile.

Il m’arrivait de demander à Dieu "qu’Il me devance" dans les gestes, les paroles autour du malade. Je pense que Dieu a besoin des hommes, et qu’à travers nous, Dieu est là présent ; Il aide à rendre les bonnes décisions pour le patient.

juin 2020

FRANÇOISE, médecin généraliste de campagne

Le Seigneur est juste en toutes ses voies,
Fidèle en tout ce qu’il fait.
Il est proche de ceux qui l’invoquent,
De tous ceux qui l’invoquent en vérité.

Il répond au désir de ceux qui le craignent ;
Il écoute leur cri : il les sauve.
Le Seigneur gardera tous ceux qui l’aiment,
Mais il détruira tous les impies.

Que ma bouche proclame les louanges du Seigneur !
Son nom très saint, que toute chair le bénisse
Toujours et à jamais !


(Ps 144 17-21)

C’est au collège que j’ai commencé à penser au métier de médecin et ma foi m’a guidée dans cette détermination.

Ce métier est avant tout un métier de relation entre les êtres, et donc avec Dieu.

J’essaye d’instituer un climat de confiance avec le malade pour faire place à son expression : l’écoute est importante pour le connaitre, le comprendre, l’encourager, le soigner et l’aider à une guérison ou à une amélioration de santé. C’est l’empathie !

L’attention, l’écoute, la bienveillance envers un malade, qu’il soit en fin de vie ou non, ont toute leur importance.

Comme chrétienne j’ai confiance en Dieu ; Il m’aide.

Suivant les situations, les émotions peuvent être fortes et je peux parfois ressentir le besoin de me confier, d’en parler.
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mai 2020

Roxane religieuse, infirmière

« Et même la nuit, ma conscience m’avertit.
Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ;
il est à ma droite, je suis inébranlable.

Aussi mon cœur exulte, mon âme est en fête,
ma chair elle-même repose en sûreté ;
tu ne peux abandonner mon âme à la mort,
Ni laisser ton mon ami voir la corruption.

Tu m’apprends le chemin de la vie :
devant ta face, débordement de joie !
A ta droite, éternité de délices !

(Ps 15 7-11)


Le Seigneur avait pour moi le projet d’allier vie religieuse et soignante. La vocation est venue vers la fin de mes études. Un voyage en humanitaire m’a permis de prendre du recul et de réfléchir sur ce que je voulais faire de ma vie en me posant les vraies questions. J’ai découvert une communauté.

A l’occasion d’un petit déjeuner j’ai annoncé à mon entourage que j’allais entrer dans la vie religieuse : « je vais me marier avec Dieu, il s’appelle le Christ ». Surprise au motif d’un tempérament « expressif, enthousiaste… ». Je répondais que c’est le Seigneur qui me rend heureuse, Il m’a donné un tempérament joyeux ; Il m’aide à voir les choses positivement.

Le rythme de la vie religieuse est centralisé par la Messe du matin où nous nous unissons au Seigneur pour ensuite apporter le Christ aux malades qui leur apporte le réconfort et la Miséricorde.
La Foi est un regard profond, entier sur la personne, un regard d’Amour qui par la grâce de Dieu nous permet de poser les gestes adaptés à chaque être humain. J’avais décidé que Dieu m’accompagne.

Avec la grâce de Dieu je peux répondre calmement, simplement à toutes les questions qui se présentent. Mon enthousiasme surprend toujours. Je réponds que c’est le Seigneur qui me rend heureuse, Il m’a donné un tempérament joyeux et en plus Il m’aide à voir les événements positivement.

avril 2020

Laurent, médecin-accompagnant à Lourdes témoigne.

« J’ai cherché l’Éternel et IL m’a répondu,
IL m’a délivré de toutes mes frayeurs,
quand on tourne vers Lui les regards,
on est rayonnant de joie
et le visage ne se couvre pas de honte…


(Ps 345-6)


Médecin à Lourdes au sein d’une commission médicale pendant dix‐huit ans, j’ai rencontré des pathologies très sévères. Lors des études des dossiers, on se dit : « Tiens ! Untel, depuis l’année dernière sa santé semble s’être dégradée ».
A un retour sur le quai de la gare, aux journalistes présents, je leur avais dit : « A Lourdes, on efface les différences ! » C’est-à-dire que nous sommes tous semblables ! Et les personnes qui ont des pathologies importantes, moi je les admire : parce que je ne les ai jamais vu se plaindre ! jamais !

Un exemple dans ma foi de chrétien : notre médecin responsable, avait institué un certificat médical pour aller dans les piscines. Un monsieur se présente aux piscines ; mon copain médecin me dit : « Tu ne vas quand même pas envoyer ce monsieur aux Piscines ? » Je lui ai répondu : « « 
Écoute ! Ce monsieur hyper-malade, en fin de vie, si je lui contre-indique d’aller aux Piscines, ça
n’a pas de sens ! » Et là-dessus, il me dit : « Oui ! Mais tu te rends compte de la responsabilité... ». Je
lui ai dit : « Moi, je l’assume, cette responsabilité ! »
Ce monsieur est donc allé aux Piscines : Il est rentré le soir, dans sa chambre : c’était un moment
très émouvant : il était heureux, heureux comme jamais je n’ai vu quelqu’un d’aussi heureux que
ce monsieur.

mars 2020

Témoignage de Henri retraité, infirmier à domicile et animateur-formateur sur la santé dans une association de soins à domicile.

« Servez l’Eternel avec joie !
Poussez vers l’Eternel des cris de joie,
Vous tous, habitants de la terre !
Servez l’Eternel, avec joie,
Venez avec allégresse en sa présence !
Sachez que l’Eternel est Dieu !
C’est lui qui nous a faits, et nous lui appartenons ;
Nous sommes son peuple, et le troupeau de son pâturage.
Car l’Eternel est bon ; sa bonté dure toujours,
Et sa fidélité de génération en génération.
(Ps 100 1, 2 3, 4)"


Je suis né dans une famille chrétienne avec des parents instituteurs très engagés dans la vie de l’église, ce qui a « déteint » un petit peu sur leurs enfants. Après le grand séminaire, quitté avant d’être ordonné diacre, j’ai aidé mes parents devenus fabricants de chaussures puis je suis rentré à l’école d’infirmiers.

Dans mon métier, parler de ma foi avec les collègues, n’était pas un problème ; c’était pour moi une démarche d’ouverture avec les personnes en s’acceptant tel qu’on est. Je ne peux pas dire que c’est le métier qui m’a ouvert à la foi ou si c’est la foi qui m’a ouvert à mon métier.

Je souhaitais avoir une vie engagée au service des autres et pour les autres pour les aider à être le mieux possible. J’appelle cela être en santé ; être en capacité avec les ressources suffisantes dans sa vie pour se sentir bien, s’épanouir. C’est ce qui m’a toujours motivé dans mon travail. Ce métier ouvre la porte à la foi quand on sait accueillir, accompagner les personnes.

A la retraite, l’évêque m’a envoyé en mission pour être délégué à la protection sociale du clergé, pour l’accompagnement dans les démarches administratives. En 2018 il m’a été confié aussi, la responsabilité des aumôniers en établissement de santé et ce qui me tient à cœur de vous dire c’est que diacre, je suis diacre de l’église dans un diocèse, mais aussi, une part de ma mission s’exerce dans une paroisse sans oublier ma famille, pour servir.

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février 2020

Sonia, aide-soignante retraitée du milieu hospitalier témoigne de sa profession.

« Qui est ce roi de gloire ?
C’est le Seigneur.
Portes, levez vos frontons !
élevez-vous, portes éternelles :
qu’il entre, le roi de gloire !
Qui est ce roi de gloire ?
C’est le Seigneur, le fort, le vaillant,
le Seigneur, le vaillant des combats.
Portes, levez vos frontons !
levez-les, portes éternelles :
qu’il entre, le roi de gloire !
Qui donc est ce roi de gloire ?
C’est le Seigneur, Dieu de l’univers ;
c’est lui, le roi de gloire.
(Ps 23 (24), 7, 8, 9, 10)"


Suite à deux opérations très jeune, j’ai été attiré par le milieu médical. Dès à 15 ans j’ai préparé un BEP sanitaire pour mon entrée dans le métier. Ensuite j’ai fait l’école d’aide soignante. Le choix de ce métier était donc naturel. Ma fonction consistait au quotidien à l’aide pour la toilette, le coucher, tous les soins propres pour aider le patient à avoir un bien-être. C’est à l’infirmier que revenait les gestes médicaux techniques.

Croyante depuis longtemps, ce choix n’a rien à voir avec ma foi : j’ai été peu pratiquante à un moment de ma vie. Pour moi, ce métier je l’ai exercé comme aidante auprès des malades : j’apportais ma technique avec l’évolution médicale.

janvier 2020

Rachel, infirmière en Anjou, témoigne de son métier et de la fin de vie auprès des patients.

« Ils invoqueront mon nom sur les

fils d’Israël, et moi, je les bénirai » (Nb 6, 22-27)"

parole soignants janvier 2020

Ma foi m’aide vraiment dans la prise en charge des patients, car il y a des émotions pas faciles à vivre en accompagnant des personnes en fin de vie. Je les confie à Dieu. J’arrive à me ressourcer par ma foi en demandant à Dieu, de m’aider à prendre en soin mes patients afin d’arriver à faire ce qui est le mieux pour les aider à partir sereinement, et aussi penser à la famille.

Très souvent, ils sont amenés à mourir dans les jours à venir. Donc de les porter dans ma prière, ça me permet entre guillemets de préparer leur vie d’après. Je dis à Dieu : « accueille-les comme il se doit ». Moi je crois à la vie après la mort. Et c’est aussi pour l’accompagnement que je lui dis : « S’il te plaît aide-moi à faire en sorte que je fasse du mieux possible pour que la personne parte le plus sereinement possible ».

Il y avait une patiente de 24-25 ans qui était en phase terminale d’une tumeur au cerveau. Cette dame-là, je l’avais déjà rencontrée lors de divers événements dans le monde catholique. Un prêtre que je connaissais est arrivé pour le sacrement des malades [1] et les proches ont fait une petite prière pour remercier le corps médical. Ils ont demandé au prêtre si une infirmière croyante travaillait ce jour-là. Et le prêtre a répondu : « Oui, l’infirmière qui s’occupe de votre fille est croyante. Je la connais bien. Si vous voulez je lui demande de venir. » J’ai trouvé que de faire cette union de prière, c’était un bon moment avec la famille et que moi aussi j’ai pu prier pour la patiente. Mais après coup, je me suis dit que ce n’était peut-être pas mon rôle à ce moment-là. Etre présente n’est-ce pas le plus important ?

[1voir l’article Le sacrement des malades et une vidéo sur ce site